Division 1 Baseball
Publication } 28-08-2026
Si, en 2026, le championnat de France fête ses 100 ans, la MLB fête, quant à elle, ses 150 ans. C’est en 1876 que la National League, l’une des deux ligues actives de la MLB, débuta son aventure, alors que le pays fête le centenaire de son indépendance. Elle prend la relève immédiate de la National Association, première ligue pro de baseball de 1871 à 1875, qui connaît de nombreuses difficultés. Comme moteur de la création de la NL pour relancer le championnat pro, on retrouve les Chicago White Stockings, aujourd’hui Cubs, et leur manager mais aussi futur président, AG Spalding, celui-là même qui amènera son équipe en tournée mondiale de 1888 à 1889, réalisant même un match à Paris le 8 mars 1889.
Quand s’en vient la saison 1926 de la MLB, la National League fête donc ses 50 ans. Un anniversaire qui sera célébré dignement puisque le champion de la Ligue Nationale, les Saint Louis Cardinals, remportera les World Series face au champion de la Ligue Américaine, les New York Yankees de Babe Ruth. La série mondiale se finira d’ailleurs sur le retrait de ce dernier, à la fin de la 9ème manche du 7ème match, quand il sera éliminé par la défense lors d’une tentative de vol de base.
De l’autre côté de l’Atlantique, pas de ligue professionnelle mais un premier championnat national qui, bien qu’amateur, lance une aventure qui va finir par croiser l’histoire de la MLB quelques décennies plus tard. Ou plutôt, de nombreuses décennies plus tard. Depuis la fin des années 1990, une petite poignée de joueurs ont inscrit sur leur CV une double expérience, celle d’avoir joué en D1 française et en MLB. Tour d’horizon des quatre joueurs de D1 à avoir évolué en MLB :
Le premier d’entre eux fut Jeff Zimmerman. Le lanceur canadien rejoint le club des Barracudas de Montpellier en 1995. Non drafté après son passage en NCAA D1 avec la Texas Christian University, il rejoint Team Canada où officie, comme pitching coach, un certain Greg Hamilton. Le coach canadien a lui-même rejoint les Barracudas de Montpellier où il occupe le poste de manager de 1993 à 1995, aidant le club à remporter trois titres d’affilée, ses premiers, et mettant fin à l’hégémonie du PUC après 11 titres consécutifs entre 1982 et 1992. Zimmerman déclarera avoir reçu un boost d’ego en jouant en France, en se sentant être à la fois Babe Ruth et Nolan Ryan. Après une courte pause dans le baseball, il rejoint le baseball pro indépendant en 1997 où il se fait repérer par les Texas Rangers qui le recrutent. En 1999, il débute en MLB où il glane d’entrée une sélection All-Star. Après trois solides saisons, et alors qu’il signe un nouveau contrat pour trois autres saisons, une série de blessures l’empêcheront de revenir en MLB.
Le deuxième fut Anthony Ferrari, un lanceur américain. Venu renforcer les Templiers de Sénart en 1998 pour leur montée en première division, il y jouera, selon les statistiques disponibles, au moins quatre rencontres. En 2000, il est drafté par les Expos de Montréal au 44ème tour. Il arrive en MLB en juin 2003, y restant une douzaine de jours seulement pour quatre manches lancées en quatre matchs. Ce sera sa seule expérience dans les Majeures. Il continuera quelques années en Ligues Mineures avant de finir sa carrière en ligue indépendante puis en Italian Baseball League avec Grosseto en 2008.
Le troisième présente un parcours unique. Là où les autres joueurs mentionnés ont connu la D1 durant un début de carrière qui les mènera en MLB, celui-ci connut la MLB avant de venir jouer en France, en faisant le premier et seul ancien joueur des Ligues Majeures à avoir évolué en D1: le vénézuélien Harvey Garcia Ibarras. Tout comme Ferrari, Garcia connaîtra un court séjour en MLB, bien qu’un peu plus long que celui du lanceur américain puisqu’il évoluera tout le mois de septembre 2007 avec les Florida Marlins pour 12 manches lancées en 8 matchs. Avant son arrivée en France en 2016, le lanceur vénézuélien va naviguer entre ligues mineures et ligue hivernale vénézuélienne. Ce sont les Tigers du Stade Toulousain Baseball qui vont le faire venir en France pour la saison 2016. Après des débuts décevants, l’ex Major Leaguer se ressaisit et aida les Tigers à aller en demi-finale, perdue face à Rouen. La saison suivante, il rejoint le promu, les Ducks de Saint Just Saint Rambert, qui découvre l’élite du baseball français, sans que les performances ne suivent. Il jouera ensuite pour le Paris Université Club de 2018 à 2023, même si le nombre de matchs joués sera anecdotique sur les dernières saisons. Depuis 2025, l’ancien des Marlins évolue en R1 Ile de France avec les Storm de Lagny sur Marne.
Enfin, le dernier de la liste, est le lanceur américain Spencer Bivens, qui navigue actuellement entre le AAA et la MLB. Bivens, non drafté avec ses années universitaires, rejoint les Lions de Savigny sur Orge en D1 en 2018. Il y joue deux saisons, revenant en 2019 pour le Challenge de France. Par la suite, le COVID l’empêche de jouer en première division tchèque mais il se relance dans le circuit pro indépendant américain, notamment en Frontier League et Atlantic League. Malgré un parcours chaotique en universitaire puis de baroudeur entre l’Europe et le baseball indépendant, il décroche en 2022 un contrat de ligues mineures avec les San Francisco Giants, faisant ses débuts en MLB deux ans plus tard, en juin 2024, remportant la victoire pour sa première sortie dans les Majeures. Membre régulier de l’équipe en 2024 puis 2025, il n’a fait que deux apparitions en 2026, jouant essentiellement dans l’équipe AAA des Giants, les Sacramento River Cats.
Un dernier nom pourrait être cité, celui d’Anthony Chavez, un autre lanceur américain. Il rejoint le Paris Université Club en 1990 pour renforcer les Parisiens lors de la coupe d’Europe, dans laquelle il va se montrer étincelant, dominant notamment le club italien de Rimini, alors champion en titre, pour offrir une victoire historique au baseball français. Il jouera quelques matchs pour les Angels d’Anaheim, aujourd’hui Los Angeles Angels, en septembre 1997. Néanmoins, on ne dispose pas de données pour savoir s’il a bien joué en D1 quelques matchs avant ou après la coupe d’Europe mais, selon Olivier Dubaut, co-président du PUC, il était habituel que les joueurs étrangers en renfort pour les coupes d’Europe jouent au moins un match avec le PUC avant la compétition européenne. Il est donc fort probable qu’Anthony Chavez ait lancé au moins dans une rencontre du championnat de France 1990.
Cela permet aussi de penser que le PUC a pu être coaché par un ancien lanceur MLB en championnat de France, au moins sur une journée de championnat, en 1978. En effet, cette année-là, le PUC se déplace à Parme pour la coupe d’Europe. Pour la compétition, ils font appel à l’expérience d’un ancien Major Leaguer, Ken MacKenzie, qui a évolué en MLB de 1960 à 1965. Il débute avec les Milwaukee Braves en 1960 et finit sa carrière par les Houston Astros en 1965, avant d’entraîner les équipes de baseball et de hockey sur glace de l’université de Yale, où il coachera un certain Yves Préchac, membre de l’équipe de France de hockey mais aussi de baseball, évoluant en club avec le PUC. Il sera d’ailleurs le seul lanceur avec une fiche positive lors de la difficile saison inaugurale des New York Mets en 1962. Il pourrait être aussi le seul manager ancien de la MLB à avoir coaché en D1, même si cela fut de manière éphémère. Comme avec Chavez, l’absence de données ne permet pas de l’affirmer. Cela reste une information à vérifier, démontrant que le baseball français a encore de nombreux mystères à élucider.
Si de nombreux joueurs MLB ont joué en France, notamment lors des tournées MLB de 1889, 1914 et 1924 mais aussi à l’occasion des deux guerres mondiales, rares sont ceux qui ont évolué en D1. Le championnat de France a surtout accueilli de nombreux postulants aux Majeures, des joueurs ayant évolué en ligues mineures, en NCAA ou encore en ligues pros indépendantes, se nourrissant de leur expérience pour se renforcer et continuer ainsi à évoluer.
Pour retrouver la liste des joueurs MLB ayant déjà joué en France, rendez-vous sur le site l’Association pour l’Histoire du Baseball et du Softball Français.
Article réalisé en collaboration avec l’Association pour l’Histoire du Baseball et du Softball Français, et écrit par son président Gaétan ALIBERT, également membre de la commission Sport et Citoyenneté.
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