Fédéral

Publication } 30-04-2026

Dans ce vingt-neuvième épisode, Femmes de sport part à la rencontre d’Aurélie BEHR : présidente de la Ligue Grand Est de Baseball et Softball, coach et joueuse passionnée, elle incarne une énergie tournée vers le développement du Softball et la transmission aux nouvelles générations.

« Aujourd’hui, je suis toujours joueuse. J'ai toujours été licenciée à Lunéville, avec des extensions dans différents clubs pour pratiquer le Softball à différents niveaux. Je coache, je manage l’équipe féminine Grand Est de Softball et je suis présidente de la ligue. J’ai aussi la responsabilité de la Commission Softball. J’ai à cœur de développer le Softball au sein de notre région, que ce soit chez les jeunes, les féminines ou les masculins. »

Tout commence dans l’enfance, presque naturellement, entre école et famille. Elle découvre le Baseball et le Softball dans un cadre scolaire, puis surtout grâce à son frère Jonathan, qui joue et structure la discipline à Lunéville. C’est lui qui l’embarque dans l’aventure.

« J’en faisais déjà un peu à l’école primaire et au collège. Et puis mon frère a commencé le Baseball. Il a ensuite lancé le Softball masculin à Lunéville et m’a proposé de venir essayer. Comme j’aimais bien l’activité en milieu scolaire, j’y suis allée… et je n’ai jamais arrêté. »

Très vite, le jeu devient une évidence. Au-delà de l’aspect sportif, c’est aussi une histoire de lien familial, puis de passion pure. Aurélie s’attache immédiatement à ce sport complet, exigeant et singulier. Joueuse depuis ses 14 ans, cela fait plus d’une vingtaine d’années que la Lunévilloise est licenciée.

« Au départ, c’était aussi pour pouvoir passer un moment avec mon frère. Ça a vraiment renforcé nos liens. Et ensuite, j’ai découvert un sport complet, à la fois collectif et individuel. On gagne ensemble, mais on assume aussi ses propres actions. Il faut savoir lancer, courir, attraper. On développe énormément de qualités différentes. »

Vers le haut niveau

Son parcours s’accélère rapidement. Elle se forme, progresse et intègre les sélections nationales 19U, puis le Pôle France. Une étape charnière, vécue comme un tournant.

« Je suis allée voir mon frère jouer en Championnat d'Europe masculin. Il m'a mis des étoiles dans les yeux et j'ai eu envie de faire comme lui. Je lui ai demandé qu'il me forme en tant que lanceuse. [...] J'ai fait les détections pour intégrer l'équipe de France en 19U. Et j'ai été sélectionnée à l'époque par Ghislaine ETHIER qui m'a proposé d'intégrer le Pôle France en terminale. »

Guidée par son frère, ancien lanceur en équipe de France, Aurélie se construit rapidement une trajectoire ambitieuse.

« Je suis allée faire mon année de terminale au Pôle France. Et là, ça a été un vrai déclic dans le sens où je voulais faire du sport une vraie partie de ma vie. »

Elle poursuit alors un parcours riche, passant par plusieurs clubs structurants comme Thiais et Ermont, tout en découvrant les exigences du haut niveau et les émotions des compétitions européennes. Double championne de France de Division 1 Féminine Softball avec Thiais, elle disputera deux Coupes d’Europe avec le club francilien.

2021 – Vice-championne de Division 2 Féminine Softball avec la Ligue Grand Est
« J'ai fait un an de Softball à Saint-Raphaël, puis je suis revenue chez moi (Grand Est). J'avais aussi envie de continuer à développer le Softball dans ma région. Mais n'ayant pas de championnat officiel, j'ai joué pendant de nombreuses années en région parisienne, notamment à Thiais et Ermont : deux clubs qui ont été parmi les plus importants clubs formateurs en Softball dans mon parcours, en dehors du Pôle. Ensuite, je suis allée jouer un peu en Allemagne. Quand je suis revenue, j'ai fait une ou deux saisons avec l'équipe Grand Est. Puis je suis partie à Clapiers-Jacou, dans le sud, où j'ai joué plusieurs années. J'ai adoré revenir au plus haut niveau. »

En 2021, elle atteint un sommet en étant élue meilleure lanceuse du championnat de France de Division 1 Féminine Softball avec Clapiers-Jacou.

« C'était une année incroyable. Ce titre-là, je le dédie aussi à ma catch (receveuse) Géraldine GAUZELIN-ORS, qui m'a poussée dans mes retranchements et qui a toujours cru en moi. J’ai réussi à avoir ce niveau-là grâce à elle aussi. Ce titre-là, il est à nous deux. »

Parmi ses souvenirs les plus forts, une Coupe d’Europe avec Thiais reste gravée.

« Ma première Coupe d'Europe en Italie avec le club de Thiais a été incroyable. On est arrivées troisièmes. Ça reste mon plus beau souvenir de haut niveau. »

Sur le plan international, son premier match en équipe de France 19U reste un moment fondateur.

« Le match d'ouverture de mon premier championnat d’Europe 19U, contre l'Italie en nocturne. L'hymne national, c'est mon plus beau souvenir et c'est celui qui restera gravé à vie dans ma mémoire. »

Transmettre, une évidence

Au fil des années, Aurélie ne se limite pas au terrain. Elle joue, entraîne, accompagne, et surtout transmet. Une dimension qui prend de plus en plus de place. 

« Quand j'étais à Clapiers-Jacou, je jouais dans l’équipe féminine et en même temps, je coachais les masculins à Lunéville. [...] J'ai coaché quand je pouvais. Je pense que j'ai toujours eu ça en moi. J'ai toujours aimé accompagner, transmettre, apporter des choses. Et je pense qu'avec mon frère, on a toujours fait un bon binôme là-dessus. Je pense qu'on a ça dans le sang. »

Coach passionnée, elle s’attache à apporter ce qu’elle-même a reçu.

« J'essaie de leur apporter mon petit savoir-faire, comme je peux, et comme j'aimerais qu'on soit avec moi. Donc, travailler sur la rigueur, la technicité, des choses qu'elles n'ont pas forcément vu dans leur club. Quand je vois les filles évoluer, quand je vois leur changement de technique, qu'elles prennent conscience et qu'elles essaient de mettre en œuvre ce que je leur dis… C'est ma plus grande victoire. »

Un engagement fort pour le développement

Revenue dans sa région de cœur, Aurélie se donne une mission : structurer le Softball en Grand Est.

Son engagement prend alors une autre dimension. Elle devient secrétaire de ligue, puis naturellement présidente de la Ligue Grand Est de Baseball et Softball. Une évolution presque logique, mais jamais planifiée.

« J'ai commencé en tant que secrétaire de la Ligue Lorraine, à l'époque. Ensuite, secrétaire de la Ligue Grand Est. Puis, il y a eu une démission du président qui m'a promue automatiquement présidente. »

À la tête de la ligue, elle pilote un projet riche et engageant.

« Il n’y avait pas de championnat officiel féminin de Softball. C’était un objectif pour moi. Aujourd’hui, ça fait trois ans qu’il existe. [...] Sans officiels, sans encadrants, on ne peut pas jouer. Former, c’est essentiel. Aujourd’hui, certains de nos scoreurs sont au niveau international. C’est une grande fierté. »

Devenue présidente presque malgré elle, Aurélie assume aujourd’hui pleinement ce rôle et peut compter sur une équipe solide pour l’épauler.

« J’ai de la chance car je suis bien entourée avec des responsables de commission investis et qui font du bon boulot. »

Elle décrit une fonction exigeante mais profondément enrichissante, où elle mesure chaque jour la richesse et la force du bénévolat, véritable colonne vertébrale du développement des clubs et des projets.

« Il y a des périodes très intenses et d’autres plus calmes. On accompagne les clubs, on gère les commissions, les problématiques… Mais voir les clubs évoluer, s’en sortir et réussir, c’est ce qui motive et ce qui me conforte dans l’idée de ce poste (de Présidente). »

Et si son quotidien est dense, entre famille, travail, terrain et responsabilités, il reste porté par la même énergie.

« C'est une organisation, mais c'est important de prendre du temps pour soi et pour se faire plaisir. [...] Je ne m'ennuie pas. Finalement, c'est aussi ça la passion, la transmission, l’utile. »

En 2023, Aurélie intègre aussi le Comité directeur de la Fédération Française de Baseball et Softball. Mais rapidement, l’évolution de ses fonctions de présidente de la Ligue Grand Est la conduit à faire un choix de priorité.

« Je ne voulais pas m’éparpiller, ma priorité restait la Ligue. »

Son passage à la FFBS sera bref mais riche d’échanges et d’expérience, avant de recentrer pleinement son engagement sur le développement régional du Baseball et du Softball.

Une place affirmée pour les femmes

En ce qui concerne la place des femmes au sein de nos disciplines, Aurélie affirme sa position avec conviction.

« On a notre place. Quand j’ai quelque chose à dire, les gens m'écoutent et j'ai de la chance que ça se passe très bien et d’être respectée. »

Elle n’hésite pas à répondre aux préjugés.

« Quand on me dit que le Softball, c’est facile ou “un sport de filles”, j’ai envie de dire : venez essayer. Qu’ils se rendent compte que ce n'est pas si facile, en vrai. »

Son message est clair.

« Je pense que les femmes doivent se faire confiance. J’ai une vision, qui est : Là où il y a de la volonté, il y a un chemin. Si on veut, on y arrive. Il faut que toutes ces femmes, que toutes ces jeunes filles continuent à croire en elles, qu’elles se battent et qu’elles se fassent plaisir à jouer. »

Des objectifs tournés vers l’avenir

Pour les années à venir, Aurélie poursuit plusieurs ambitions.

« Continuer à développer le Softball dans toutes ses formes. Faire grandir le championnat féminin, proposer une pratique masculine. Accompagner tous les encadrants et officiels, continuer à former, parce que sans eux on ne peut pas jouer. »

Et toujours avec une priorité : les jeunes.

« Essayer de proposer des équipes pouvant aller à l’Open de France 12U / 15U Softball. Ce sont eux l’avenir. Il faut les accompagner, leur donner des opportunités. Au niveau du Baseball, continuer à développer la filière jeunes notamment grâce aux Interligues : mon objectif majeur est d’accompagner ces jeunes qui vont pouvoir aller faire une compétition en dehors de leur région et affronter d’autres jeunes du plus haut niveau. C'est ça qui nous permet de développer les disciplines au niveau français. »

Sur le terrain, la passion reste intacte.

« En tant que coach / joueuse, c'est de pouvoir continuer à jouer et à transmettre le plus longtemps possible. Tant que je peux, continuer à m'éclater sur le terrain en tant que lanceuse. »

Des inspirations fortes

Aurélie tient à rendre hommage à celles et ceux qui ont marqué son parcours.

« Mon frère Jonathan, évidemment. C’est lui qui m’a amenée au Softball et qui m’a tout appris. »

Elle cite aussi Ghislaine ETHIER, qui lui ouvre les portes du Pôle France et de l’équipe de France, ainsi que Céline CARUSO, sa coach à Thiais.

« Céline CARUSO m'a proposé d'intégrer son équipe alors qu'elle ne me connaissait pas. Elle m'a vu jouer aux Interligues [...] et elle m'a pris sous son aile, et m'a formée d’une main de fer. C'est celle avec qui j'ai fait mes plus belles compétitions de club, mes meilleurs moments. »

Sans oublier ses proches.

« Mes parents, ma famille, mon conjoint… qui m’ont toujours soutenue, ont toujours été derrière moi, m’ont accompagnée. »

Mention spéciale également à Géraldine GAUZELIN-ORS, rencontrée en fin de carrière de haut niveau.

« Elle m'a amenée à mon apothéose de meilleure lanceuse des championnats de France, elle a cru en moi et m'a permis de revenir à mon meilleur niveau. C'est ma rencontre coup de cœur. »

À travers son parcours de joueuse de haut niveau, de coach et de dirigeante, Aurélie BEHR incarne une femme engagée, passionnée et profondément ancrée dans son territoire, qui œuvre chaque jour pour l’avenir du Baseball et du Softball français.


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