Fédéral

Publication } 27-08-2026

Crédit photo : Franck Péan / Amanck_photographies_sport

Dans ce trente-deuxième épisode, Femmes de Sport part à la rencontre d’Eloïse TRIBOLET. Internationale française de longue date et membre du staff de l’Équipe de France 22U Softball, elle évolue aujourd’hui au Canada après un parcours qui l’a menée jusqu’à la NCAA Division 1 aux États-Unis. Entre carrière internationale, coaching et transmission, elle revient avec nous sur son parcours et ses expériences.

C’est à l’âge de neuf ans qu’Eloïse découvre le Baseball, presque par hasard.

« On faisait de la thèque à l'école et une rencontre s'est déroulée sur le terrain de Baseball de Meyzieu-Décines, la ville où j’habitais. Je me souviens des battes, de l'ambiance, et j'ai demandé à mes parents de m'inscrire. »

Elle débute ainsi chez les Meyzieu-Décines Cards avant de découvrir le Softball quelques années plus tard. L’intégration du Pôle France Softball à Boulouris marque ensuite un tournant dans son parcours.

« À 16 ans, j'ai intégré le CREPS de Boulouris donc ça m'a aidé à faire la transition avec le haut niveau, je m'amusais vraiment. »

Le rêve américain

Très tôt, Eloïse nourrit un objectif : partir évoluer aux États-Unis.

« Dès ma deuxième année au CREPS, je savais déjà que je voulais aller aux États-Unis. Je suis partie au Québec pendant un an (après le CREPS), j'ai joué avec l'équipe provinciale du Québec, et on a fait beaucoup de tournois, etc. Et pendant que je faisais cette année-là, mon but, c'était aussi de me faire recruter pour aller aux États-Unis. »

Après une année au Québec pour préparer son projet, elle rejoint Gulf Coast State College en Floride avant d’intégrer la Marshall University en NCAA Division 1, devenant la première Française à évoluer à ce niveau.

« C'était un projet que je préparais depuis plusieurs années. J'ai envoyé des vidéos, contacté des universités et ça a fini par payer. »

Une expérience qui lui permet de franchir un nouveau cap sportif avant de poursuivre sa carrière en Europe, puis au Canada.

Une histoire indissociable de l’Équipe de France

Présente en Équipe de France depuis 2010, Eloïse a connu toutes les catégories avant de s’imposer chez les seniors.

« Porter le maillot de l'Équipe de France, c'est toujours une immense fierté. C'est une compétition qui n'a rien à voir avec les autres. »

Son meilleur souvenir reste le Championnat d’Europe 2019 avec l’équipe de France de Softball.

« On termine sixièmes et on se qualifie pour le tournoi de qualification olympique. À l'époque, c'était quand même assez extraordinaire et historique. Moi, c'est un souvenir que je garde beaucoup en tête. Ce groupe m'a énormément marquée. »

Aujourd’hui encore, elle mesure le chemin parcouru par le Softball français.

« Quand je vois les résultats des équipes de France aujourd'hui, je me dis qu'on a vraiment franchi un cap. Finir quatrième avec les 22U cet été montre tout le travail accompli depuis plusieurs années. »
Crédit photo : Glenn Gervot

De joueuse à coach

Installée au Canada, Eloïse poursuit sa carrière de joueuse à la Islander Richmond Girls Association Softball tout en développant une activité de coaching.

Une transition qui s’est faite progressivement.

« Je coache déjà au Canada depuis plusieurs années. Finalement, transmettre est devenu assez naturel. »

Cet été, elle faisait d’ailleurs partie du staff de l’Équipe de France 22U Softball.

« C'était étrange de ne pas être sur le terrain comme joueuse, mais j'ai adoré cette expérience. Aujourd'hui, j'ai encore envie de jouer, alors je concilie les deux. »
Crédit photo : Franck Péan / Amanck_photographies_sport

Son objectif est désormais de transmettre l’état d’esprit qui a marqué sa génération.

« Depuis 2010 en équipe de France, j'ai connu des filles comme Raina HUNTER ou Sarah BENCHALI, avec cet aspect vraiment compétitif. On n'avait peut-être pas l'occasion de jouer aussi souvent que maintenant et donc il y avait vraiment cette envie de gagner à chaque match. On était prêtes à tout laisser sur le terrain. J'aimerais transmettre cet état d’esprit aux jeunes qui arrivent. Être moins dans la timidité, mais vraiment dans l'esprit de gagner et de se donner à la compétition. Je sais que c'est quelque chose que j'adore, et que j'aimerais, si je le peux, transmettre aux équipes qui arrivent. »

Un Softball français en progression

Avec son regard international, Eloïse constate les progrès réalisés par les équipes de France.

« On gagne beaucoup plus qu'il y a dix ans et on fait désormais partie des meilleures équipes européennes. »

Elle observe néanmoins que le championnat français souffre encore du manque de pratiquantes dans certaines régions.

Pour elle, le développement passe avant tout par les plus jeunes.

« Il faut créer davantage d'équipes de jeunes féminines. Plus les filles commencent tôt, plus elles ont de chances d'y rester. »
Crédit photo : Jakub Kurak

Une approche qu’elle observe au Canada ou encore aux Pays-Bas, où elle a évolué deux saisons au sein de la Golden League avec les Tex Town Tigers. Elle a notamment pu constater que les filières de formation sont particulièrement développées.

« Jouer aux Pays-Bas, ça a été vraiment une super expérience, tant au niveau sportif qu’au niveau humain. Je finissais tout juste ma carrière de 4 ans aux États-Unis et revenir jouer en Europe, ça m’a fait du bien. Ce que j’ai le plus apprécié, c’est que le niveau était très élevé et les joueuses très compétitives, mais en même temps ça restait des clubs, donc avec un esprit super convivial. Les autres joueurs et joueuses du club venaient nous encourager, on restait au terrain des heures après les matchs. Le rythme était aussi moins soutenu qu’aux États-Unis. J’avais l’impression d'être à mon meilleur niveau, mais aussi de beaucoup m’amuser. »
Crédit photo : benyphoto_czech

Au-delà des joueuses, Eloïse estime que les anciennes internationales ont un rôle essentiel à jouer dans le développement de la discipline.

« C'est important que des femmes continuent à coacher. Elles peuvent transmettre ce qu'elles ont vécu et faire comprendre aux nouvelles générations tout le chemin parcouru par le Softball français. Je pense qu'il faut qu'il y ait plus de joueuses qui restent et qui coachent aussi au niveau national. Je sais qu’il y a Camille Riera par exemple à Pessac. Je trouve ça vraiment cool d'avoir cette culture de filles qui ont été en équipe de France et qui partagent ce qu'elles ont vécu au plus haut niveau et le fassent rayonner dans les clubs. »

De nouveaux défis

À court terme, Eloïse souhaite poursuivre sa carrière avec l’Équipe de France de Softball.

« L'objectif est de participer au prochain Championnat d'Europe et de décrocher une qualification pour le tournoi de qualification olympique. Ce serait une nouvelle étape historique. »
Championnat d’Europe féminin Softball 2025 – Crédit photo : WBSC Europe

En parallèle, elle lance également son activité de coaching sportif au Canada.

Des soutiens déterminants

Eloïse tient avant tout à remercier ses parents.

« Ils m'ont toujours encouragée à suivre mes choix, que ce soit pour partir au Pôle France ou ensuite à l'étranger alors que j’étais encore jeune. Ils ont toujours été derrière moi et m’ont toujours poussée à faire ce que j’aimais. »

Elle remercie également celles et ceux qui ont cru en elle dès ses débuts, notamment Ghislaine ETHIER, Raina HUNTER, les entraîneurs des Meyzieu-Décines Cards ou encore Géraldine GAUZELIN.

« Beaucoup de personnes ont vu en moi quelque chose que je ne voyais pas encore. Elles m'ont montré que c’était faisable, que je pouvais le faire. Tous mes entraîneurs, toutes les filles avec qui j’ai joué en équipe de France pendant des années. Je ne peux pas tous les citer, mais encore une fois, il y a par exemple le groupe de 2019 avec des Carrie PITCHER, Sarah BENCHALI, Camille LEMAIRE, Raina HUNTER, plein de filles comme ça avec qui j'ai évolué et qui, encore aujourd'hui, sont des filles que j'admire beaucoup. »
Crédit photo : Jakub Kurak

À travers son parcours, Eloïse TRIBOLET illustre l’évolution d’une génération de joueuses qui a permis au Softball français de franchir un nouveau cap sur la scène internationale. Toujours animée par la même passion sur et en dehors des terrains, elle poursuit aujourd’hui sa carrière de joueuse tout en transmettant son expérience, avec la volonté d’accompagner les futures générations vers de nouveaux succès.


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